La Fédération Française des Motards en Colère est née officiellement en février 1980, mais c'est dans les années soixante-dix qu'il faut chercher ses racines. La pratique de la moto se développe au sein d'une jeunesse qui découvre la liberté mais se heurte aux a priori d'une France bienveilllante , heu.... bien pensante.

« Tout le monde savait que c'était chose impossible jusqu'au jour où un imbécile est arrivé qui ne le savait pas et qui l'a fait. » MARCEL.PAGNOL

La solidarité est une valeur symbole des motards. Dès les premiers mots d'ordre, ils ont manifesté avec enthousiasme, faisant preuve de volonté et de générosité en consacrant sans compter une énergie considérable pour créer et développer le mouvement.

Les années 70

La pratique de la moto se développe au sein d'une jeunesse qui découvre la liberté mais se heurte aux a priori d'une France bien pensante. En marge de la FFM les motards se regroupent au sein de moto-clubs dits « pirates » ( MCP ) aux noms sans équivoque : « Les ramassis de la route », « les gueux », « la horde hivernale »,
Les premières manifestations de défense des motards sont organisées par des MCP. La FFMC va naître officiellement de la fédération des MCP en février 1980.

Fin des années 70

la crise s'installe, le chômage grimpe en flèche, les jeunes ne sont pas écoutés, le carburant est de plus en plus cher. Les motards, de plus en plus nombreux, consacrent l'essentiel de leur salaire à leur passion et les budgets deviennent de plus en plus difficiles à boucler. Les technocrates condamnent la moto. Les pouvoirs publics organisent la lutte contre l'insécurité routière pour enrayer la courbe ascendante des tués sur la route. Pour les technocrates de la sécurité routière, l'occasion est trop belle. Ils condamnent la moto sans discernement. Les assureurs, effrayés, triplent leurs tarifs.
Conséquence alarmante : un motard sur trois roule sans assurance.

Yves Mourousi, nommé « Monsieur Moto » en 1978 et rattaché au ministère de la Jeunesse et des Sports démissionne quelques mois plus tard lassé par le manque de moyens et l'absence totale de coopération du ministère des Transports.
En désignant le motard comme principal bouc émissaire, les élus et haut fonctionnaires de l'époque agitent l'épouvantail sans froisser l'électorat de la majorité en place. Ils ne s'attendent pas à déclencher une tourmente. Christian Gérondeau, délégué à la sécurité routière est investi de la mission irréaliste de faire diminuer de 13000 à 10000 le nombre de victimes de la route en un an.
Il profite de quelques faits divers saignants au soir du Bol d'or 1978 pour se lancer dans une diatribe violemment motophobe qui met le feu au baril de poudre. Les conflits de génération s'accentuent.

La première manifestation de motards a lieu le vendredi suivant les déclarations de Gérondeau, le 22 septembre 1978. Elle regroupa des milliers de motards spontanément réunis place de la Bastille. En Province, plusieurs MCP s'unissent sous des bannières explicites : « Moto liberté », « SOS Moto Survie », « Moto vivante » et mettent en place leurs premières manifs dans plus de 20 villes.
Fin 79, les relations entre tous les mouvements régionaux aboutissent à un projet de coordination nationale : la Fédération des Motards en Colère, créée en janvier 1980 dont les premières assises nationales ont lieu au Havre. Appel au boycott de la vignette, défense des motards verbalisés, maquillage de la cylindrée des motos à l'aide de motocollants. En quelques semaines les antennes départementales éclosent partout en France.

Début des années 80

Les manifestations se succèdent à un rythme effréné et mobilisent pourtant à chaque fois des milliers de motards. Bien perçues de l'opinion, ces manifs sont parfois le théâtre de heurts violents avec les forces de l'ordre. Pour le pouvoir en place ces « braillards casqués sont quantités négligeables ».
Lorsque la FFMC s'adresse aux 2 candidats restant en lice à l'issu du 1er tour des élections présidentielles de 1981 pour demander l'abolition de la vignette, seul F.Mitterand prendra la peine de leur répondre. La vignette passe à la trappe en juin 1981 et la FFMC est invitée à la table des négociations de la mise en place d'une « commission nationale moto » organisées par le délégué interministériel à la Sécurité routière .

La contestation est accompagnée d'un projet ambitieux : transformer l'énergie de cette formidable mobilisation de jeunes en une expérience de société. L'idée d'une mutuelle d'assurance est lancée. La FFMC annonce qu'elle travaille à la création de centres de formation à la conduite délivrant des permis à prix coûtant. Elle travaille à la mise en place d'un journal moto indépendant et d'une coopérative d'achat pour les accessoires et les motos. C'est la matérialisation du concept de solidarité si chère aux motards. La mutuelle des motards, officiellement dénommée « solidarité mutuelle des usagers de la route ( SMUR )» est créée en 1983 malgré les nombreux persiflages des professionnels du milieu moto.

De nos jours

Plus le contexte s'avère favorable à la pratique de la moto et moins les appels de la FFMC trouvent écho auprès des motards. La lutte s'organise autour d'idées plus complexes et moins évidentes pour tout le monde :

amélioration de la sécurité et des infrastructures routières

opposition à l'augmentation de la taxe sur les assurances

autorisation de rouler en phares blancs

boycott de la vignette d'assurance


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